Plus simple l’agriculture biologique ?

Verger de pomelos bio, en mai
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Elle dispose certes d’une panoplie "d’intrants" limitée, à base de matières premières simples, d’origine naturelle. Pour autant elle exige anticipation et observation car elle n’utilise pas de produits insecticides rémanents ou à action systémique (pénétrant dans les tissus foliaires et diffusant dans toute la plante par le biais de la sève) qui permettent d’éradiquer les infestations.
Avant toute chose, le choix de la culture doit être raisonné :
La proximité de vergers de fruits d’été, par exemple, sera un frein à la plantation de variétés de clémentines précoces, trop sensibles à la mouche méditerranéenne du fruit, car ces vergers vont servir de relais au parasite qui, se multipliant, deviendra difficilement maîtrisable en bio. Dans ce cas, on choisira plutôt des variétés de pleine saison car l’insecte sera en hibernation au moment où les clémentines deviennent attractives pour lui. |
Le verger sera aussi raisonné en globalité :
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La fertilisation organique est assimilable plus progressivement (après transformation par les micro-organismes du sol) et ne provoque pas les excès d’azote dans la plante, responsables des invasions de pucerons. Un traitement évité tout simplement par l’alimentation équilibrée de la plante.
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Reconnaître les "auxiliaires" (insectes et autres animaux utiles) et les favoriser permet de réguler les parasites sans intervenir… par la diversité de l’herbe au pied des arbres, les haies et autres zones naturelles qui abritent et favorisent la vie.
Davantage d’heures de travail dans l’entretien des terrains : Broyage régulier de l’herbe, finition sur le rang pour éviter l’installation de la ronce, le lierre et autres vivaces en envahissantes.
Le savoir des agrobiologistes c’est d’arriver à recréer… et entretenir ! l’équilibre écologique de leurs vergers et d’éviter les traitements.
De l’usage de produits pesticides classiques
Quand on a la chance de pouvoir observer des champs et des plantations, les désherbants sont la partie émergée de l’iceberg : c’est la seule qui se voit (avec les passages de roues de tracteur). Les traitements sont incolores et indécelables à l’oeil dès leur application, pour la très grande majorité.
La France est le troisième consommateur mondial de produits phytosanitaires après les USA et le Japon, avec 100 000 tonnes vendues chaque année, dont 40 % d’herbicides, 30 % de fongicides et 30 % d’insecticides. Plusieurs centaines de matières actives et milliers de formulations commerciales sont actuellement homologuées et utilisées en France.

Verger de clémentiniers non bio |
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Plusieurs raisons concourent à la nécessité et aux difficultés de réduire l'utilisation des pesticides :
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la prise de conscience par la société des impacts négatifs des produits phytosanitaires sur l'environnement, voire sur la santé humaine ;
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le renforcement des réglementations européennes et nationales pour encadrer l'homologation et l'utilisation des pesticides et pour limiter les contaminations de l'environnement par ces produits ;
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la réduction du nombre de matières actives autorisées et efficaces ;
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la faible efficacité des actions menées depuis 20 ans pour limiter l’emploi des pesticides.
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Et dans notre assiette
L’Europe a récemment décidé de réévaluer l’ensemble des matières actives homologuées, estimant que de trop nombreuses matières actives homologuées il y a plus de 10 ans ne devraient plus l’être aujourd’hui au vu des connaissances actuelles.
Nombre de pesticides ont d’ores et déjà été retirés de la vente en Europe.
Cette mesure est un progrès pour la santé des consommateurs, sans oublier celle des agriculteurs et ouvriers agricoles, particulièrement touchés par les problèmes de toxicité des pesticides.
Pour autant, et malgré toutes les procédures d’homologation, les effets sanitaires des pesticides ne sont, comme pour tous les nouveaux produits chimiques, réellement estimés qu’à postériori à partir des statistiques de santé publique sur plusieurs décénies.
Un intérêt supplémentaire pour consommer de préférence des produits biologiques
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Un fruit biologique est en principe exempt de résidus pesticides
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Un fruit conventionnel peut contenir un cocktail de résidus pesticides - pour chacun desquels il ne dépasse en principe pas la LMR (limite maximale de résidu). Pour autant leurs effets synergiques sont mal connus. Fixée par expérimentation, la LMR est prévue pour assurer l’innocuité pour un produit commercial donné, utilisé seul, en respectant dosage et délai de traitement avant récolte. Aucune expérimentation n’est réalisée sur les effets cumulés de mélanges de résidus résultant de traitements multiples.
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